Grossesse arrêtées

Une grossesse qui ne va pas à terme est le plus souvent un drame pour le couple. Ce phénomène est si fréquent qu’il est trop souvent considéré médicalement comme un « non-évènement ».
Pourtant, il fait toujours partie de la vie d’une femme, d’un couple et constitue son histoire intime.
Une grossesse arrêtée représente  toujours un deuil à faire. Il est essentiel de pouvoir se faire accompagner par des professionnels, soit au moment de l’évènement, soit à distance.

Un vocabulaire inadapté :

FCS: Fausses Couches Spontanées: (vidéo)

Les fausses couches du premier trimestre surviennent en moyenne sur 15 à 20 % des grossesses. Une fausse-couche est une vraie grossesse.

Souvent banalisée, autant par la société que par le corps médical, une grossesse qui s’interrompt est toujours un évènement difficile, voire douloureux psychologiquement. (vidéo)

Si la fertilité n’est pas mise en cause, la capacité de la femme à devenir mère est à chaque fois mise en question.

IVG: Interruption Volontaire de Grossesse:

Simone Veil : « Aucune femme ne recourt de gaieté de coeur à l’avortement ».

Le 17 janvier 1975, la loi instaure une dépénalisation de l’avortement en France.

1999 : mise en vente libre de la « pilule du lendemain »,
le contraceptif d’urgence Norlevo.

2013 : remboursement à 100% l’IVG par l’assurance-maladie.

2016: les sages-femmes sont autorisées à prescrire
l’IVG médicamenteuse.

Aujourd’hui, environ une Française sur trois a eu recours à un avortement au cours de sa vie, soient 35% des femmes en âge de procréer.
15.000 avortements sont pratiqués tous les ans sur des mineures.
2,7% des femmes de 20 à 24 ans qui a recours chaque année à l’avortement. Soit le taux le plus élevé parmi les différentes tranches d’âges.
27,5 ans, c’est l’âge moyen auquel les femmes avortent.
33% des femmes avortent au moins une fois dans leur vie

Sources : Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), Inspection générale des Affaires sociales.

 220.000 avortements pratiqués chaque année en France.
Ce nombre est quasi-stable depuis 2006.
Cela représente une grossesse sur cinq, selon les statistiques du ministère de la Santé. Un chiffre stable depuis 2006 Cette stabilité s’explique par la meilleure couverture contraceptive des Françaises en Europe, même s’il faut souligner la persistance d’inégalités sociales et régionales à l’accès aux soins et donc à la contraception. Sources:Ined.
L’IVG médicamenteuse, est la méthode utilisée dans plus de la moitié des avortements, et donc avant 7SA (semaines d’aménorhée)

MFIU: Mort Foetale In Utero :

Selon l’OMS, la mort in utero se définit par un décès entre 22SA et le début du travail; Et si l’âge gestationnel est inconnu, la mort in utero se définit par un décès quand le poids du foetus est supérieur à 500g.

La fréquence est variable : de 0,6 – 1% des grossesses.
30% sont de causes indéterminées.

Il s’agit toujours d’un évènement traumatisant qui nécessite une prise en charge psychologique ou un accompagnement spécialisé:

La perte d’un foetus, souvent vécue aussi difficilement que la perte d’un enfant, entraîne de vives émotions chez les parents et y compris chez les membres de l’équipe médicale. Cette perte provoque un choc d’autant plus fort que l’évolution de la grossesse était normale.

Le soutien psychologique proposé aux parents s’effectue en plusieurs temps. L’accompagnement est pluridisciplinaire, partagé entre l’obstétricien, le foetopathologiste, la sage-femme et le psychiatre ou le psychologue.

Pour beaucoup de couples il est important d’organiser un rituel d’adieu. C’est pour cela qu’on leur donne la possibilité (sans pour autant imposer) de voir l’enfant décédé, de lui donner un prénom, de le déclarer à l’état civil et lui organiser des obsèques.

Il est important de savoir que les parents sont libres d’exprimer leurs souhaits concernant ces décisions, qui seront respectées sans être jugées, même s’ils choisissent de ne rien faire.

Enfin, les frères et soeurs peuvent également être affectés. Ils auront aussi besoin d’être écoutés, y compris en consultation si besoin, en prévention d’un retentissement négatif ultérieur.

En aidant le couple et son entourage à émerger de cette période sombre, la prise en charge psychologique est donc utile à la fois pour le présent et pour l’avenir.

IMG: Interruption Médicale de Grossesse:

Il s’agit toujours d’un évènement traumatisant qui nécessite une prise en charge pluridisciplinaire.

L’interruption médicalisée de grossesse (IMG) peut être réalisée uniquement lorsque la santé de la femme enceinte ou de son enfant sont en cause. Elle doit respecter une procédure particulière.

La décision appartient à l’équipe pluridisciplinaire. Au terme de leur concertation, s’il apparaît aux 2 médecins que le risque est fondé, ils établissent les attestations permettant de pratiquer l’IMG.

Dans tous les cas, la femme enceinte concernée doit bénéficier d’une information complète et donner son accord.

La procédure de décision d’IMG dépend du motif médical;
santé de la mère ou de l’enfant.

Santé de la femme :
Lorsque l’IMG est demandée pour la sécurité de la femme, elle doit s’adresser à un médecin spécialiste qualifié en gynécologie obstétrique. Ce médecin doit exercer en établissement public de santé ou dans un établissement privé autorisé à recevoir les femmes enceintes.
Ce médecin réunit alors une équipe pluridisciplinaire, pour avis consultatif. Cette équipe comprend au minimum 4 personnes :

  • un médecin spécialiste qualifié en gynécologie obstétrique, membre d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal,
  • un médecin choisi par la femme enceinte,
  • un assistant social ou un psychologue,
  • un ou des praticiens spécialistes de l’affection dont la femme est atteinte.

Santé de l’enfant :
Si l’enfant est atteint d’une affection grave, l’équipe médicale est celle d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal.

La femme enceinte peut demander à un médecin de son choix d’y être associée.

En 2011-2013, la prévalence totale de nouveau-nés (y compris les IMG et les mort-nés) porteurs d’anomalie(s) congénitale(s) en France est estimée à 3,4 cas pour 100 naissances, soit un peu plus de 28 000 cas par an dont environ  20 800 nouveau-nés vivants, 440 mort-nés et 6 600  IMG.

 Les estimations ont été calculées sur le nombre total de naissances (vivantes + mort-nés) en France publié par l’Insee pour 2011-2013, soit 2 486 000 naissances.

 

MSN: Mort Subite du Nouveau-né:

Il s’agit toujours d’un évènement traumatisant qui nécessite une prise en charge psychologique ou d’un accompagnement spécialisé.

En France, les dernières statistiques de l’Institut de Veille Sanitaire font état de 247 Morts Subites du Nourrisson en 2005.

Heureusement, grâce à la grande campagne de prévention préconisant, entre autres, le couchage sur le dos, le nombre de décès a chuté de 75 % depuis 1992. La mort subite du nourrisson demeure toutefois la principale cause de décès chez les bébés de moins d’un mois.

La mort subite du nourrisson est rare chez les bébés de moins d’un mois. Elle survient le plus souvent au cours du second mois et presque 90 % des cas concernent des bébés de moins de 6 mois. Le risque diminue avec l’âge du bébé. Très peu de MSN sont observées après l’âge d’un an.

Toutes les familles sont égales devant le risque de MSN, cependant il est très rare qu’elle survienne deux fois dans la même famille. Pour des raisons inconnues, il semblerait également que la MSN soit assez rare dans les familles d’origine asiatique.

Statistiquement, le taux de MSN est plus élevé chez les enfants de mères âgées de moins de 20 ans à la naissance de l’enfant.

 

QUE DIT LA LOI ?

En France, lorsqu’un enfant décède avant que sa naissance n’ait été déclarée à l’état civil, le code civil distingue deux cas. Cette distinction a été introduite par la loi n° 93-22 du 8 janvier 1993 relative à l’état civil, à la famille et aux droits des enfants.

Si un certificat médical atteste que l’enfant est né « vivant et viable », l’officier d’état civil établit un acte de naissance ainsi qu’un acte de décès, et la naissance est mentionnée sur le livret de famille. L’enfant reçoit un nom et un prénom. Son inhumation – ou sa crémation est obligatoire. Les droits sociaux liés à toute naissance sont octroyés aux parents. La mère bénéficie ainsi d’un congé de maternité. La notion de viabilité a été précisée par la circulaire n° 50 du 22 juillet 1993 relative à la déclaration des nouveau-nés décédés à l’état civil : conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, les enfants pesant au moins 500 grammes ou nés après 22 semaines d’aménorrhée sont présumés viables, indépendamment de tout autre critère.

En l’absence de certificat médical attestant que l’enfant est né « vivant et viable », l’officier d’état civil n’établit qu’un acte d’enfant sans vie. La circulaire n° 2001-576 du 30 novembre 2001 relative à l’enregistrement à l’état civil et à la prise en charge des corps des enfants décédés avant la déclaration de naissance précise que cette procédure s’applique, d’une part, aux enfants nés vivants, mais non viables, et, d’autre part, aux enfants mort-nés après un terme de 22 semaines d’aménorrhée ou ayant un poids d’au moins 500 grammes. L’enfant, qui n’acquiert pas la personnalité juridique et n’a pas de nom de famille, peut être mentionné sur le livret de famille si les parents le souhaitent. Il peut recevoir un prénom. De plus, les parents disposent de dix jours pour réclamer le corps et organiser des obsèques. Sinon l’établissement hospitalier fait le nécessaire.

En revanche, un enfant mort-né avant 22 semaines d’aménorrhée et ayant un poids de moins de 500 grammes a le statut de « pièce anatomique ». Il fait l’objet d’une simple déclaration administrative. Aucun acte d’état civil n’est établi, l’établissement de soins pouvant néanmoins fournir aux parents qui le souhaitent un certificat d’accouchement d’un enfant né mort et non viable. Le corps est incinéré par l’établissement médical, à moins que les parents ne le réclament pour le faire inhumer ou incinérer.

Or, le 6 février 2008, la première chambre civile de la Cour de cassation a rendu trois arrêts dans lesquels elle a précisé la notion d’enfant né sans vie. Elle a en particulier supprimé les seuils à partir desquels la reconnaissance du statut d’enfant sans vie est possible. Elle a en effet estimé que le code civil ne « subordonn[ait] pas l’établissement d’un acte d’enfant sans vie au poids du foetus, ni à la durée de la grossesse ».

Par conséquent, « tout enfant né sansvie à la suite d’un accouchement peut être inscrit sur les registres de décès de l’état civil, donc sur le livret de famille, quel que soit son niveau de développement. »

Grossesse interrompue et congés maternité:

En France, le congé auquel la femme a droit dépend du terme de la grossesse et du poids de l’enfant.

Il est important de demander un certificat médical.

 

RV. Psychogénéalogie périnatale:
ccgreiner Tel. 06 20 48 23 37

Catherine Claire Greiner