Noms Prénoms…Qualités ?

Le choix des noms et prénoms  est un engagement important.

La déclaration officielle du nom,  donne à l’enfant son appartenance au pays, à la société, à la famille dont il est issu. Les prénoms précisent son identité.

NOM DE FAMILLE:

Origine historique des noms de famille :
Il convient avant tout de définir la notion de nom. Les noms sont divisés en deux ensembles distincts.

Les premiers à apparaître dans l’histoire de l’anthroponymie sont les noms individuels.

Les noms collectifs c’est à dire les noms de famille sont apparus plus tardivement. A l’heure actuelle en France, ils sont généralement uniques et demeurent héréditaires.

Le concept d’identification d’une personne par un nom est très ancien dans l’histoire de l’humanité. L’origine linguistique des noms dépend du pays de naissance ou de certaines régions. On distingue différents types de noms de famille : ceux formés à partir de prénoms, de surnoms, de métiers, de classe sociale comme les noms à particule.

Dans la plupart des civilisations antiques, un seul nom servait à désigner l’individu. Ce nom restait attaché à la personne de sa naissance à sa mort, sans être toutefois héréditaire.

Seuls les Romains utilisaient un système de trois noms : le prénom, le gentilice (nom du groupe de familles) et le cognonem (surnom, devenu nom de famille). Cependant, les gens du peuple ne portaient en général que deux noms : le prénom et le cognonem. Avec l’expansion romaine, le système à trois noms s’est étendu sur tout l’Empire et notamment la Gaule.

Les invasions barbares du Vème siècle détruisent l’Empire romain d’Occident et font disparaître le système à trois noms de la Gaule. En effet, les populations adoptent alors la coutume des vainqueurs. Ils ne portent désormais qu’un nom individuel, qui ne se transmet pas d’une génération à l’autre. Ce système va perdurer jusqu’au Xème siècle. Le processus de création des noms de famille s’amorce. Face aux problèmes engendrés par un trop grand nombre d’homonymes, le nom individuel est peu à peu accompagné par un surnom. Avec l’usage, ce surnom tend à devenir héréditaire. Ce phénomène se rencontre d’abord parmi les familles nobles, puis s’élargit à l’ensemble de la population à partir du XIIème siècle, Alors le pouvoir politique s’intéresse à la question et réglemente progressivement l’existence des noms de famille.

En 1474, Louis XI interdit de changer de nom sans une autorisation royale.

En 1539, François 1er promulgue l’ordonnance de Villers-Cotterêt. Celle-ci rend obligatoire la tenue de registres d’état-civil. Cette tâche est confiée au Clergé constituant la seule « administration » présente dans tout le royaume. En fait, la décision royale officialise et généralise une pratique déjà en usage depuis le siècle précédent, principalement dans les villes.

Avec la Révolution française, la tenue de l’état-civil quitte le cadre de la paroisse. Elle passe désormais dans les attributions de l’État et se fait à la Mairie de chaque commune.

La loi du 6 fructidor de l’an II (23 août 1794) interdit de porter d’autre nom et prénoms que ceux inscrits à l’état-civil. Cependant, le Conseil d’État peut autoriser un changement de patronyme (ils sont actuellement environ 800 par an).

En 1870, l’apparition du livret de famille fige définitivement l’orthographe de tous les patronymes.

Les noms existants en France sont liés aux origines de la population française, formée par les colonisations, les invasions et l’immigration. Chacun a apporté avec lui sa propre langue et donc ses propres noms. En effet, l’onomastique est étroitement liée à la linguistique, la plupart des noms ayant une signification précise.

Depuis Freud, le nom du père est présumé être un garant contre l’inceste : les filles portent le nom de celui qui n’a pas le droit de les toucher – leur père, leur frère.

Pour Lacan, le nom du père est le symbole de l’altérité. La mère donne la vie, le père donne le nom. Et, ce faisant, reconnaît cet enfant comme le sien.

La loi de 1973 sur l’autorité parentale conjointe, place la société française hors du strict patriarcat.

La loi sur les « patronymes » affirme, que les deux parents ont un rôle symbolique identique.

PRENOM (S) :

Le prénom que nous portons est porteur de messages conscients et inconscients reliés à des mémoires trans-générationnelles. Ce composant identitaire recèle de nombreux messages « codés » pouvant nous renseigner sur notre héritage symbolique.

Selon Elisabeth Horowitz, l’attribution d’un ou plusieurs prénoms est d’une importance décisive pour la destinée du nouveau-né, car le prénom est l’incontestable parole bâtisseuse de la vie. Au-delà de l’étymologie du prénom lui-même, il existe une ou plusieurs motivations conscientes ou inconscientes qui participent à son choix.

L’attribution d’un prénom déjà présent dans l’arbre généalogique peut revivifier certains signifiants qui y sont associés. Le choix du prénom est intimement lié au projet familial (conscient et/ou inconscient) et peut de toute évidence influencer notre destinée. L’intérêt  de la recherche psychogénéalogique est   de repérer si les prénoms attribués aux descendants existent préalablement dans la lignée. Il n’est pas rare qu’un prénom soit déjà inscrit dans l’histoire familiale et redonné à un enfant sans que l’on s’en rende compte.

Les deuxièmes et troisièmes prénoms ont un grand intérêt car ils reflètent souvent des attachements familiaux non-dits. Ils peuvent également faire référence à certains investissements affectifs maintenus secrets, ami(e)s intimes, ancien(ne)s fiancé(e)s, amants ou maîtresses.

Si le prénom est issu d’une fiction (théâtre, romans historiques, films, chansons) le message parental sous-jacent et les motivations sont souvent en relations avec l’histoire singulière de celui ou de celle, qui a décidé de donner ce prénom à l’enfant.

Lorsque le prénom de l’enfant est celui d’une personnalité du monde des arts, des sciences ou du sport cela peut représenter l’admiration mais aussi parfois une référence inconsciente à la vocation contrariée d’un parent.

Lorsque le prénom de l’enfant est celui d’une personne extérieure à la famille (ami, relation, collègue), cela renvoie au domaine que ce personnage symbolise ou représente.

Prénom androgyne:

Le choix d’un prénom réunissant les deux sexes peut indiquer que le parent souhaitait un enfant d’un sexe précis, ou bien une identification sexuée plus complexe.

Prénoms accolés:

Deux prénoms accolés témoignent parfois du désir de réunir deux membres de la parenté. Parfois, cela peut être aussi une façon de renouer le lien avec des secrets sentimentaux. Dans ce cas les liens amoureux du passé peuvent perdurer en secret ou inconsciemment.

Prénoms religieux:

Ils marquent l’intégration de fait dans une communauté historique et contemporaine définie. Dans les unions parentales bi-culturelle ou bi-religieuse, parfois le choix du prénom fait partie d’un contrat tacite entre les deux parents.

Prénoms évocateurs ou significatifs:

« Constance, Re-née, Désiré, Benjamin ou Clément » parlent d’eux-même.
« Océane, Clémentine, Pierre, Rose », sont des des choix métaphoriques dont le sens est signifiant.

Le verbe en tant que parole fondatrice est fondamental. Celui qui nomme un enfant se place en situation d’être son créateur. Lorsque le choix du prénom est confié à des tiers, les parents se soustraient à leur fonction parentale. Les parents qui délèguent ce lien fondamental montrent par leur attitude qu’il existe en eux un sentiment ambivalent inconscient.

SELON LE CODE CIVIL:

(article 311-21 à 311-24)

Nom de famille d’un enfant :
Nom de la mère, du père, ou double-nom.

Les parents peuvent choisir, sous certaines conditions, quel nom portera leur enfant.

Une déclaration conjointe de choix de nom peut être faite avant ou après la déclaration de naissance. Depuis 2005, un enfant dont la filiation est établie à l’égard de chacun des parents, peut porter :

  • soit le nom du père,
  • soit le nom de la mère,
  • soit les 2 noms accolés dans un ordre choisi par eux et dans la limite d’un seul nom de famille pour chacun s’ils portent eux-mêmes le nom de leurs 2 parents.

Si les parents sont mariés:

En l’absence de déclaration conjointe de choix de nom, l’enfant prend le nom du père.

L’absence de choix équivaut à un choix et s’impose aux autres enfants.

Si les parents ne sont pas mariés:

En l’absence de déclaration conjointe de choix de nom, l’enfant prend le nom de celui de ses parents à l’égard duquel sa filiation est établie en premier. Cette déclaration anté-natale peut être faite pendant la grossesse, par chacun des géniteurs dans n’importe quelle Mairie.

Par exemple, si le père reconnaît l’enfant après la déclaration de naissance, l’enfant prend le nom de sa mère.

Si la filiation est établie simultanément entre les deux parents, l’enfant prend le nom du père.

L’absence de choix équivaut à un choix et s’impose aux autres enfants.

À noter :

Un nom composé existant avant 2005 constitue un nom unique, qui est indissociable et est donc transmis intégralement. Un nom composé suite à une adoption simple, quel que soit l’âge de l’adopté, est également indissociable et transmis intégralement.

Le choix effectué pour l’aîné s’impose aux enfants plus jeunes du même couple. Pour cela, leur filiation doit avoir établie à l’égard des deux parents à la date de la déclaration de naissance.

Le choix du nom est définitif.

En cas de désaccord entre les parents, l’enfant prend le nom des deux parents accolés selon l’ordre alphabétique.

 

Catherine Claire Greiner