Accoucher dans l’eau, pas si simple

Mme R. est une jeune femme dynamique, fière de son percing et de ses tatouages. Elle n’a pas aimé la manière dont se sont passés les évènements lors de la naissance de son premier enfant à l’hôpital et elle est bien déterminée à ce qu’on lui fiche la paix pour la naissance de celui-ci. Ce sera donc à la maison. Un point c’est tout. 

Elle va trainer un peu pour son inscription à la maternité et me dit pis que pendre de l’anesthésiste qu’elle a rencontré. Son compagnon est calme, il sourit quand elle râle.

Quand j’arrive pour l’accouchement, Madame est dans une grande baignoire en plastique, louée pour l’occasion. Monsieur ajoute régulièrement de l’eau chaude. Tout va bien. Bébé bouge parfois et son rythme cardiaque est parfait.

Et puis, ça pousse.

Madame sort de l’eau s’installe sur le canapé et très vite une jolie fille potelée rompt le silence de ses cris puissants.

Que du bonheur.

Quand je reviens le lendemain, je demande : « Tout va bien ? »

Madame me répond : « Oui ». Mais je la sens réticente. Je demande :

« Et le Papa, il n’est pas là ? »

Madame, fait une petite moue contrariée et me dit : « Il dort. Il est fatigué. Il a passé la nuit à vider la piscine avec une casserole car il avait oublié la pompe de vidage. »

Toutes les deux, nous éclatons de rire…

Catherine Claire Greiner