Préparation à l’accouchement

8 séances sont remboursées par la Sécurité Sociale:

3 femmes enceintes par séances.

Les thèmes abordés sont les suivants:

La grossesse, les modifications du corps, corps les échographies.
La prématurité. La surveillance médicale. Les « 7 verrous de la grossesse ». L’hôpital/la maison. Le consentement éclairé.

L’accouchement, c’est quoi ? . Prendre la responsabilité de son accouchement.  A quel moment faut-il partir à la maternité ? Les signes du début du travail. La valise.

La douleur / La souffrance. La péridurale.

La dilatation. C’est quoi une contraction utérine ? Le déroulement du travail. Le pré-travail, le faux-travail le travail dirigé.

L’accouchement normal/médical. Le déclenchement et le travail spontané. La respiration.  Comment favoriser le processus de la naissance ?

L’installation de la péridurale. La surveillance médicale. La rupture des membranes. La relaxation. L’ « alternance ».

La césarienne. L’équipe obstétricale. Les forceps.

L’expulsion. Atelier « je pousse ». Comment faire pour que les efforts expulsifs soient efficaces ?

Le périnée. L’épisiotomie. Les déchirures. Les sutures. La rééducation. Le placenta. La délivrance artificielle. La révision utérine.

Les soins du bébé. « Couper le cordon ».

Le séjour à la maternité. La déclaration. La reconnaissance. Les noms et les prénoms.

L’allaitement maternel. Donner le biberon. Les éléments du choix. La tétine. L’allaitement « à la demande ». La physiologie de la lactation. La « montée de lait ». L’alimentation. Le sommeil. Le sevrage.

La fin du congé maternité. La contraception. Reprise de la sexualité. Le retour à la maison. Le retour de couches.

Dernière séance en couples consacrée à la place des pères:

(hors remboursement S.S. pour le père)

La couvade. Le décalage de 6 mois. Le maternage et le « paternage ». Les visites, à l’hôpital et  à la maison. La fratrie. La parentalité. Retour à la vie sociale, professionnelle, sexuelle. Le couple et le couple parental. Le rythme de vie. Le temps. La mère/la femme. «  La déprim’ ». Bébé pleure !  Le sommeil. L’autorité parentale.
La surveillance intensive de la fin de la grossesse.

Examen médical si besoin. Bibliographie sur demande.

Les 7 verrous physiologiques
de la grossesse:

Premier verrou anatomique : orifice externe du col. (OE)

Pendant la grossesse, le col de l’utérus est long, en position postérieure, fermé et tonique. La solidité de ces verrous appréciée cliniquement par le toucher vaginal. Sa longueur peut se mesurer par l’échographie endo-vaginale.

Ce verrou cervical est le premier à lâcher en fin de grossesse et/ou en début de travail. Il peut commencer à se ramollir, à se perméabiliser. Cette modification qui peut survenir au 9ème mois entraine parfois la perte du « bouchon muqueux » qui n’est pas forcément le signe du début de la dilatation. Quand le col, sous l’effet des contractions du travail aura perdu de sa longueur, le verrou Orifice Externe du col aura disparu et le col sera dit « effacé », ce qui signe le début de la dilatation.

Deuxième verrou anatomique : orifice interne du col (OI) et formation du segment inférieur.

Pendant la dilatation, l’orifice cervical va se dilater progressivement. Les contractions utérines vont tirer sur les fibres musculaires du col de bas en haut pour les insérer dans le corps utérin au niveau de la partie basse de l’utérus qu’on appelle le segment inférieur qui coiffe et dirige la présentation. La dilatation complète clôture la phase du travail.

Ces deux verrous anatomiques du col sont les seuls enseignés et pris en considération par la grande majorité des équipes hospitalières dans les services d’obstétrique.

Troisième verrou : la dissociation du corps et de l’esprit.

Ce système de fermeture s’est sans doute mis en place il y a plus de 2000 ans, quand la civilisation humaine a commencé à distinguer d’une part le corps physique, siège de la douleur, et d’autre part, l’esprit, la composante spirituelle, morale, intellectuelle, psychologique, consciente et inconsciente de la pensée humaine.

Cette dissociation entre le corps et l’ « âme » dans la perception que l’individu a de lui-même est fondamentale et concerne toutes les civilisations humaines.

Cette séparation corps/tête représente une fermeture relativement solide en début de grossesse, quand la femme est enceinte « dans sa tête », parce qu’elle se sait enceinte mais que les signes physiques de la grossesse ne sont pas encore apparus clairement. Au fur et à mesure que la grossesse va approcher de son terme, ce verrou va lâcher progressivement. Au moment de l’accouchement, ce phénomène de réunification de la personne va s’amplifier. « Coupée en deux, la tête d’un côté et le corps de l’autre, l’accouchement est plus long, plus difficile, plus douloureux. Dans ce cas, les étapes sont franchies plus laborieusement.

Si une femme se présente à la maternité pour son accouchement dans cette état d’esprit malheureusement trop courant et entretenu par le discours médical ; « je confie mon corps à l’équipe médicale, en attendant qu’on me rende mon nouveau-né », il s’agit alors soit d’une césarienne, soit d’un accouchement médicalisé. On confie en effet son corps aux médecins dans les cas de pathologie. Pour  un accouchement normal la parturiente ne doit pas être dissociée, le corps d’un côté, la tête de l’autre car alors, la douleur augmente, pour tenter cette réunification indispensable.

Quatrième verrou : le « lâcher-prise »

Cet obstacle à une naissance facile et simple est relativement récent. Il est installé surtout dans nos civilisations avancées où notre comportement social est prédéterminé. En effet, dans la vie courante, chaque personne est « aux commandes ». On décide, on maitrise, on organise, on gère; tout. On a une action directe sur la gestion de son temps, de sa carrière professionnelle, on maitrise son budget, son capital soleil, ses points de permis de conduire. On agit sur les différents moments importants de son existence.

Le problème avec l’accouchement, au grand «  dam » des managers de nos institutions hospitalières, c’est qu’en matière obstétricale, et par définition de ce qu’est un accouchement normal, la femme enceinte ne maitrise rien. En effet, on ne sait pas si la naissance de son enfant se fera de jour ou de nuit, à quelle date, ni si le début du travail se fera par des contractions régulières ou par la perte de liquide amniotique. On ne connait pas la durée de la dilatation, ni la présentation du fœtus. Le rythme et l’enchainement des  différentes étapes de la naissance sont différents pour chaque accouchement.

Plus une parturiente va tenter de prendre le contrôle de l’accouchement, d’en maitriser le processus, et moins elle va favoriser le déroulement physiologique du travail.

Une préparation à l’accouchement bien comprise doit intégrer cette réalité et permettre aux femmes enceintes de se préparer à cette nécessiter de lâcher-prise, pour permettre cette séparation qu’est l‘accouchement.

D’autre part, il est fondamental que la femme comprenne que la douleur va lui donner les indications lui permettant de favoriser la naissance de son enfant. Cette douleur cesse dès que l’enfant est né. Afin que la douleur s’arrête le plus vite possible, la femme va mobiliser toutes ses compétences conscientes et inconscientes pour favoriser l’issue de l’accouchement. Privée de ses sensations, elle ne peut plus agir. Alors, ce n’est plus elle qui accouche, elle est accouchée par quelqu’un d’autre et le fœtus est livré à lui-même.

Cinquième verrou : l’axe de positionnement fœtal

Pendant les deux premiers trimestres de la grossesse, le fœtus est hors de l’axe du bassin osseux. Il évolue dans son liquide amniotique comme un cosmonaute dans l’espace. Pour lui, il n’existe ni haut ni bas, ni droite ni gauche. Il n’a pas conscience de sa position. A partir du troisième trimestre, le « ballon de basket » sphérique qu’est devenu l’utérus autour du foetus prend une allure de «  ballon de rugby » dans un axe  haut/bas. Le centre de gravité du fœtus se répartit selon un axe vertical et il présente le siège puis sa tête à l’entrée du bassin osseux de sa mère. Mais là encore, l’axe du fœtus n’est pas dans le même axe que celui du bassin osseux de sa mère. Le fœtus est dans un axe décalé ; plutôt en avant ou en arrière, à droite ou à gauche, de manière à ce que les contractions de la grossesse ne le dirigent jamais dans l’axe de la sortie.  Cette réalité physiologique protège les 2 verrous du col empêchant ainsi un accouchement prématuré. C’est aussi la raison pour laquelle les contractions pendant la grossesse ne sont pas douloureuses.

Au moment de l’accouchement, les contractions utérines qui vont permettre la dilatation du col vont exercer une triple action. Pendant une minute, l’utérus va faire trois choses essentielles : dilatation du col, descente progressive du mobile fœtal dans le bassin osseux et remise du fœtus dans l’axe du bassin.

En effet, si le fœtus est par exemple dans un axe postérieur, les douleurs de la contraction seront ressenties  aussi dans le dos, au niveau des lombaires. C’est là que la sensation douloureuse devient guide pour la femme en travail. En cherchant une position « antalgique », c’est-à-dire en adoptant la position dans laquelle elle a le moins mal, elle va permettre de faciliter le positionnement de son fœtus dans un axe du bassin propice à l’accouchement.

Ainsi, une femme ayant des douleurs postérieures devra pouvoir se mettre à 4 pattes. Une autre dont le fœtus est dans un axe latéro-dévié à droite, sera plus confortable allongée sur le côté gauche, une autre pour qui le fœtus a des difficultés à choisir son diamètre d’engagement préfèrera marcher ou monter un escalier pour mobiliser son bassin.

De plus, les douleurs des contractions utérines ne sont pas ressenties de manière uniforme pendant toute la durée de la dilatation. En effet, l’axe du fœtus peut se modifier au cours du travail, c’est pourquoi il est essentiel de pouvoir permettre à la femme de conserver toute sa mobilité du début jusqu’à la fin de son accouchement.

C’est pourquoi, installer toutes les parturientes en travail, bloquées sur le dos avec une péridurale qui masque les sensations avec obligation de conserver les capteurs du monitoring sur le ventre est un non-sens obstétrical pour un accouchement normal.

Ces situations de travail dirigé sous péridurales devraient être réservés aux situations dystociques qui nécessitent une intervention médicale mais en aucun cas elles ne devraient être proposées comme la panacée et le passage obligé à la « modernité ».

Sixième verrou : la bascule du bassin

Pendant la grossesse, et de manière tout à fait inconsciente, la femme enceinte positionne son bassin « en fermeture ». C’est-à-dire que quel que soit la position de son corps, debout, assise, couchée, son bassin est fermé. A l’accouchement, et pendant chaque contraction, le bassin doit basculer dans une ouverture maximum. Ainsi, les contractions sont au maximum de leur efficacité, le travail moins long et moins douloureux.

 

Septième verrou : « Dehors ! »

Si la dernière étape de la naissance s’appelle « expulsion », c’est bien par ce qu’il s’agit de la séparation définitive de la femme et de son enfant. Au moment des efforts de poussée, il ne faut penser à rien d’autre.

 

La connaissance, la compréhension et l’intégration de ce système de fermeture de la grossesse à terme permet à la femme qui commence son travail obstétrical de pouvoir participer et favoriser le processus de l’accouchement et de la naissance de son enfant.

Intuitivement, les femmes savent accoucher. Mais elles ne savent pas qu’elles savent accoucher. A chaque fois qu’on vient renforcer ses capacités, la femme en travail traverse plus facilement l’épreuve de l’accouchement. En restant en permanence connecté à son bébé, elle facilite sa naissance.

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Catherine Claire Greiner