Consultation préconceptionnelle

Dès que vous décidez d’avoir un enfant, vous pouvez agir afin que votre bébé puisse être conçu et se développer dans de bonnes conditions. Les premières semaines de grossesse sont cruciales alors que vous ne savez pas encore que vous êtes enceinte. Vous pouvez consulter une sage-femme qui vous écoute et vous conseille pour bien commencer votre grossesse.

NB. Selon le code de la santé, toutes les professions règlementées (médecins, dentistes et sages-femmes) sont tenues à la confidentialité médicale. Ce qui se dit dans un cabinet de consultation n’en sort pas et reste secret.

Qu’est-ce qu’une consultation pré-conceptionnelle ?

La sage-femme vous propose une à plusieurs rencontres, seule ou en couple pour faire un bilan de santé avec des prises de sang, bilan vaccinal, examen clinique et conseils adaptés tant au niveau nutritionnel que d’hygiène de vie. Elle répond aux différentes attentes et questionnements.

Ces consultations sont prises en charge par la Sécurité Sociale.

  • La sage-femme met en évidence des antécédents médicaux qui peuvent influencer une grossesse à venir. Certaines pathologies dépistées avant la grossesse sont plus faciles à traiter. Cela permet d’éviter leur aggravation et ses conséquences.
  • La sage-femme peut déterminer si un conseil génétique est souhaitable dans votre cas, avant de débuter une grossesse.
  • La  sage-femme peut vous aider à reconnaître les toxiques et les éviter. Les premières semaines de la grossesse, avant même une première consultation prénatale, sont déterminantes pour l’avenir du fœtus. C’est à ce moment que se forment ses principaux organes, et donc qu’il est le plus sensible aux différentes infections et à l’exposition aux toxiques.
  • Conformément aux recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), de l’acide folique doit être souvent  prescrit aux femmes qui ont un projet de grossesse. Cette vitamine est indispensable pour consolider l’ossature du foetus. Elle réduit le risque de certaines malformations congénitales. Mais pour être efficace, elle doit être prise au minimum quatre semaines avant la conception et jusqu’au trois mois de la grossesse.

Pourquoi une sage-femme?

C’est une professionnelle de santé de premier recours, de proximité.
Elle est experte en prévention santé. Sa spécialité est d’être gardienne de la physiologie de la grossesse et de l’accouchement. Son premier objectif est de préserver et de maintenir la santé des femmes et des bébés.
Ses compétences sont médicales, elle s’occupe de vous et de votre couple dans sa globalité.

 

Recommandations de la
Haute Autorité de Santé :

  • Mesure de la pression artérielle,
  • Mesures du poids, de la taille et calcul de l’indice de masse corporelle,
  • Examen gynécologique, en particulier examen clinique des seins, frottis cervical de dépistage (s’il date de plus de 2 à 3 ans), recherche de mutilations de l’appareil génital.

 

Quels examens biologiques proposer ?

  • Détermination du groupe sanguin (A, B O, phénotypes rhésus complet et Kell, 2 déterminations sont nécessaires); en cas de rhésus négatif, il est proposé d’informer la femme de l’intérêt de la détermination du groupe sanguin du futur père.
  • Examens sérologiques de la toxoplasmose(en l’absence de preuve écrite de l’immunité).
  • et de la rubéole (sauf si deux vaccinations documentées ont été antérieurement réalisées, quel que soit le résultat de la sérologie).
  • Sérologie VIH 1 et 2 à proposer à la femme ou au couple.
  • Hépatites : taux d’anticorps anti-Hbs chez une femme vaccinée, sinon antigène Hbs, sérologie VHC
  • Sérologie de la syphilis.

Quelles vaccinations proposer ?

Dans tous les cas, vérifier le carnet de vaccination de la femme et du conjoint  et envisager avec  les rappels ou les vaccinations indispensables, en particulier :
tétanos-diphtérie-poliomyélite-coqueluche.

Coqueluche :
Proposer un rattrapage ou vacciner les adultes susceptibles de devenir parents dans les mois ou années à venir.

Rubéole :
Vacciner les femmes dont la sérologie est négative pour les femmes nées après 1980 : vaccin trivalent- rougeole, rubéole, oreillons – au lieu d’un vaccin rubéoleux seul). Il n’y a pas lieu de vacciner des femmes ayant reçu deux vaccinations préalables, quel que soit le résultat de la sérologie si elle a été pratiquée.

Varicelle :
Vacciner les femmes en âge de procréer, notamment celles qui ont un projet de grossesse et pas d’antécédent clinique de varicelle (en cas de doute, un contrôle sérologique préalable peut être pratiqué). La vaccination est possible si le test de grossesse est négatif, et selon les données de l’AMM, une contraception efficace de 3 mois est recommandée après chaque dose de vaccin.

Quelle prévention proposer pour les risques liés au mode vie et à l’environnement ?

Alimentation et activité physique:
Proposition  d’une alimentation variée et équilibrée associée à une activité physique régulière. Des conseils visant à prévenir la listériose et, le cas échéant, la toxoplasmose doivent être donnés en cas de projet de grossesse à court terme.
En cas de surpoids, augmenter le niveau d’activité physique associé au suivi de conseils diététiques.
En cas d’obésité, de grande maigreur, voire d’anorexie, compléter le recueil d’informations et l’examen clinique et proposer une prise en charge adaptée.

Automédication:
Souligner les risques de l’automédication et expliquer à la femme que la prise de médicaments sans prescription est déconseillée dès qu’un projet de grossesse existe. S’informer des médicaments dangereux auprès de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé sur http://afssaps.frou du centre de renseignements sur les agents tératogènes http://www.lecrat.org

Alcool:
En cas de consommation régulière compléter le recueil d’informations et proposer des modalités de sevrage si besoin. En cas de consommation arrêter la prise d’alcool dès le début de la grossesse.

Tabac :(consommation active et passive) :
Proposer une aide au sevrage tabagique si besoin. Souligner les effets du tabac sur le développement de l’enfant durant la grossesse et expliquer à la femme et au couple l’intérêt de cesser de fumer avant la grossesse.

Cannabis et autres substances psycho-actives:
Identifier l’ensemble des consommations (produits, doses, etc.), compléter le recueil d’informations et l’examen clinique et proposer une aide au sevrage si besoin.

Pénibilité du travail, risques professionnels:
Connaître le métier et le poste de travail de la femme, la distance entre le domicile et le travail. Déterminer l’exposition éventuelle à des produits tératogènes en prenant contact avec le médecin de la santé au travail si besoin.

Evaluation des situations de précarité:
Identifier des difficultés d’accès aux soins, un isolement social, un emploi précaire, un risque d’exposition au plomb, etc. Compléter le recueil d’informations et proposer à la femme ou au couple de les orienter vers des dispositifs visant à améliorer l’accès aux soins et l’accompagnement psychosocial.

Evocation des situations de maltraitance, de violence domestique: D’autres facteurs de vulnérabilité peuvent être source de difficultés ultérieures : permettre à la femme de parler en confiance afin qu’elle puisse s’exprimer en toute liberté lors d’un entretien individuel est essentiel.

 

Catherine Claire Greiner