aieuls et aieux

Pour le foetus qui prépare sont entrée dans le monde, existent déjà
4 grands parents + 8 arrières-grands-parents, ça fait du monde !

« Aieul » est un des rares mots de la langue française qui a deux orthographes au pluriel. C’est dire s’ils sont nombreux!

Les traumatismes et non-dits, vécus par les ancêtres d’un individu se répercutent sur ce dernier et peuvent parfois induire inconsciemment des troubles. L’analyse transgénérationnelle  s’appuie sur l’étude de l’arbre généalogique de l’individu pour mieux expliquer et apaiser ses inquiétudes ou ses angoisses.

L’arbre généalogique comme outil d’analyse:

Fondée sur l’étude du génosociogramme, qui permet de schématiser l’histoire et les liens familiaux, l’analyse transgénérationnelle révèle les traumatismes et non-dits vécus par les ancêtres d’un individu, lesquels se répercutent sur le vécu du sujet. Ces symptômes font partie de ce que l’on appelle le fantôme transgénérationnel« .

En dessinant son arbre face au thérapeute, on prend conscience de cette partie cachée de son propre héritage émotionnel. Le thérapeute est attentif à chaque signe: un lapsus, un oubli, un espacement tantôt grand tantôt petit sur une même branche, un patronyme remplacé par un nom de jeune fille, l’apparition d’un prénom… Le but est d’accompagner, sans pour autant interpréter à la place de l’autre.

Ainsi, nous sommes poussés à payer les dettes psychologiques du passé de nos aïeux en  répétant parfois des situations, en reprenant des idées et des comportements par loyauté au système familial, ce qui donne le sentiment de ne pas vivre notre vie de façon autonome, consciente et auto responsable.

Ce travail permet de développer son libre arbitre. Pour les femmes enceintes, il les aide à prendre la responsabilité de leur grossesse et de leur accouchement. Les futurs pères, parviennent ainsi à se dessiner une paternité propre, sans reproduire à l’identique le schéma relationnel dont ils sont issus.

« L’arbre agit en quelque sorte comme une interface de révélation »

Nommer les choses, verbaliser l’impensé permet de le faire exister et de briser le principe de transmission inconsciente. Alors, les comportements changent, la transmission familiale devient plus fluide ».

Ce qu’en dit Maureen Boigen, analyste spécialiste des thérapies transgénérationnelles et auteure de L’expérience de l’arbre – guérir des mémoires familiales (éd. Chiron) :

Quand les réponses sont introuvables du côté de la famille? l y a toujours les recherches classiques à l’état civil. L’idée n’est pas de monter un arbre parfait. Ce n’est pas de la généalogie au sens propre. On peut avoir un arbre incomplet, ne pas connaître son père ou grand-père biologique. L’important est de libérer la parole à partir de ces événements ou de ces zones d’ombre. En bref, se réapproprier son héritage familial, avec lequel on développe des comportements dictés par une sorte de loyauté inconsciente, pour mieux s’en dégager.

Les fées et les sorcières:

En pratique, dès que l’enfant parait, les fées se penchent sur le berceau et distribuent les dons, les espoirs projetés sur l’enfant à naitre.

Attention! une fée peut cacher une sorcière!

En effet, à chaque naissance, les grands-mères se voient monter d’un étage dans l’arbre généalogique, se rapprochant ainsi des ancêtres et…de la mort. Cette réalité est si puissante que ces dernières vont souvent résister inconsciemment. Et c’est précisément alors, sur le registre de la maternité, qu’elles risquent de venir concurrencer leur fille ou leur belle-fille.

C’est pourquoi dans la plupart des civilisations, la jeune accouchée est entourée de femmes, amies, voisines, cousines qui dans les premières jours après la naissance, vont faire obstacle aux tentatives d’emprise des grands-mères-sorcières.

Les contes de fées sont très explicites sur ce sujet.

Les ogres et les géants :

Nous sommes ici dans le registre des grands-pères. Ces figures puissantes et dévorantes interviennent plus tardivement, quand l’enfant n’est plus un nouveau-né, qu’il a appris à marcher et à parle, c’est-à-dire qu’il devient une menace pour l’organisation patriarcale.

 

Catherine Claire Greiner