Sexualités après l’accouchement

« Vous avez dit contraception ? Mais de quoi elle parle ?  »

Après un accouchement par les voies naturelle, et les soins de bébé à temps complet, la libido n’est pas toujours au rendez-vous. Manque de sommeil mais pas manque de sensualité. Le « peau à peau avec le nouveau-né comble le besoin de toucher et d’être touchée. Les émotions sont encore en mode tourbillons et la  la femme doit se réapproprier son corps après le passage du foetus. Et puis aussi, la peur d’avoir mal et que « ça ne soit plus comme avant »

Quant à Monsieur, on garde ses distances.

La date de reprise de la sexualité dépend de chaque femme, de chaque couple. Classiquement, on parle d’une durée moyenne de 40 jours. Après l’accouchement, chez certaines femmes, la libido peut diminuer voire disparaître de manière transitoire. C’est la période de latence, naturelle.

Peur d’avoir mal:

Il est recommandé d’utiliser des lubrifiants pour cette première fois après l’accouchement (lubrifiants compatibles avec le latex si l’usage des préservatifs est choisi comme contraception).

Les rapports sexuels classiques sont possibles dès la fin des lochies qui signe la re-fermeture du col.
Pour certains couples la grossesse n’a que peu d’impact sur la sexualité du couple mais le plus souvent, les rapports sexuels se voient modifiés. Ces modifications de la grossesse ou la période post-natale, qu’elles soient physiologiques, psychologiques ou relationnelles entraînent des modifications de la sexualité. Les interdits sont rares et dans des situations médicales strictement identifiées.

La grossesse étant une suite logique de la sexualité, il est fort dommage que dans le discours et le comportement des professionnels de santé cette activité sexuelle du couple soit souvent absente, voire niée. En effet, la santé au sens large doit intégrer cette réalité de la vie, qu’est la sexualité.

Allaitement : Réalité et tabous :

 Le tabou sexuel pendant l’allaitement est commune à toutes les cultures. Il n’a pourtant aucune raison médicale.

En Afrique par exemple, le lait, humeur féminine, s’oppose au sperme masculin. Le sperme est perçu dangereux pour le lait, donc pour le bébé ; et inversement, le lait est dangereux pour la virilité. Pour protéger la santé de l’enfant, le père ne doit pas avoir de relations sexuelles avec la mère tant que dure l’allaitement. Autrefois, cette abstinence durait deux ou trois ans, aujourd’hui, un an seulement et est peu respectée.

La seule réalité, c’est que la lactation diminue la fertilité mais n’est pas une méthode de contraception efficace.

Choisir une méthode de contraception est un premier pas vers le retour progressif à une sexualité épanouie.

Catherine Claire Greiner