Mamie, Papy, Tata, Tonton

Les grands-parents:

Ils sont quatre. Vivants ou morts, ils tiennent une place importante dans le panthéon familial.

Selon une enquête de l’INED conduite en 1999, douze millions et demi de Français sont grands-parents et parmi eux, deux millions sont même arrière grands-parents. A 56 ans, une personne sur deux a au moins un petit-enfant.

Pour une famille recomposée des deux cotés, ils sont 8 à graviter dans la famille de l’enfant.

Les grand-parents peuvent jouer un rôle de pondération, de modération, notamment dans les conflits entre oncles et tantes, cousins et nouveaux conjoints après séparation ou divorces.
Les grands-parents ne sont pas toujours les mieux placés en revanche pour intervenir dans les difficultés que peut traverser un couple.
En tant que « sage d’expérience étant passé par là », ils peuvent dédramatiser certaines situations mais Ils peuvent aussi mettre de l’« huile sur le feu », comme notamment les célèbres « belles-mères » correspondant au modèle de la marâtre jalouse de sa belle-fille comme dans Cendrillon ou Blanche Neige.

Par ailleurs, l’investissement des grands-parents auprès des petits enfants apparaît comme une constante. De nombreuses grands-mères sont encore actives et la présence de système collectif de garde développé en France, ne limite absolument pas la forte implication des grands-parents français qui apportent au contraire leur aide pratique et matérielle régulière, en dehors de la garde quotidienne. Notons que les grands-pères sont moins sollicités ou osent moins proposer leur soutien.

L’allongement de la vie relativise l’écart intergénérationnel et rapproche de fait les générations. C’est donc une figure sociale renouvelée du grand-parent qui émerge et qui contribue aux liens entre générations. On ne peut ainsi pas parler de grand-parentalité sans évoquer des thématiques centrales comme le travail des femmes, les moyens de garde des jeunes enfants, la protection sociale et les recompositions familiales.
L’Occident fait figure d’exception dans son traitement de la vieillesse en l’assimilant aux notions de perte, de déclin quand dans la plupart des cultures le vieillissement s’interprète en termes d’accumulations de savoirs et d’avoirs.
En définitive, l’intérêt récent porté aux grands-parents est peut-être subordonné à celui que la société porte à l’enfant, dont ils seraient les éducateurs privilégiés.

Que nous apprennent les études ?
Une analyse sociologique sur le rôle des grands-parents dans la famille de Bernice Neugarten et Karol Weinstein a dégagé cinq styles grands-parentaux, sur leur degré d’implication auprès des petits enfants à partir d’une enquête auprès de personnes âgées de 55 à 75 ans :
– Les grands-parents « formels » manifestent un intérêt constant pour les petits-enfants, tout en établissant un lien conventionnel avec eux sans interférence avec le rôle parental.
– Les grands-parents « éloignés » (distant figures) portent assez peu d’intérêt à leurs petits-enfants et n’ont avec eux que des contacts épisodiques, au moment de Noel ou des anniversaires.
– Les grands-parents « réservoirs de sagesse » sont soucieux de transmettre leurs valeurs et d’offrir des modèles de comportement.
– Les grands-parents « ludiques » (rompent avec la relation d’autorité. La relation grand-parentale est perçue comme source de plaisir et de satisfaction pour les enfants et les grands-parents.
– Enfin, les grands-parents « parents de substitution » ), qui remplacent les parents, sont principalement des grands-mères.

Les oncles et les tantes :

Actuellement dans nos sociétés occidentales, on assiste à un repli sur la famille nucléaire.

Dans les enquêtes portant sur les familles contemporaines,
les « proches» sont constitués des parents, des enfants, des frères et soeurs, et des grands-parents.
« Pas même un strapontin pour les oncles et tantes, les cousins et les cousines !», constate le sociologue François de Singly. De même, parmi les études réalisées ces dernières décennies sur la famille, aucune n’est consacrée aux relations transversales oncles-tantes et cousins-cousines.
Le maintien de « la famille verticale » se confirme et s’accentue d’autant plus ces dernières années que les grands-parents sont de plus en plus mobilisés». Pourtant entre les oncles-tantes et leurs neveux-nièces des liens se tissent. comment un tel lien s’établit-il ? « En fait, pour Charles Pointeau, juriste, « ce lien n’existe que par la volonté des adultes, car rien dans le droit de la famille n’oblige les oncles et tantes à entretenir une relation avec leurs neveux ou nièces, et réciproquement.»

Bien que légitime, la parenté collatérale, comme la désigne le code civil, est donc « sans obligation ni engagement». Il faudra que les oncles et tantes veuillent bien établir le contact avec les enfants de leurs frères et sœurs pour que des relations existent.
Il semble donc nécessaire d’avoir réglé les comptes de son enfance si l’on veut jouir de bons rapports avec les enfants de son frère ou de sa soeur. Ces conflits latents peuvent en effet se résoudre avec un accompagnement en psychogénéalogie.

« C’était pour moi « un papa bis », une « maman bis »…»

Sylvie Angel, psychiatre et spécialiste des relations familiales explique : « le tonton, la tata qu’on aime, c’est celui ou celle qui, parce qu’il (elle) a partagé la même enfance que leur père ou leur mère, peut donner une affection spontanée et complice à ses neveux et nièces. Mais aussi, parce qu’il (elle) n’a aucune obligation éducative à leur égard, l’oncle ou la tante est bien placé pour les accompagner de manière désintéressée, voire les conseiller.»

Dans notre société caractérisée par “le manque de temps”. Les responsabilités professionnelles nous obligent à donner un coup de main à nos proches pour s’occuper des plus petits, et c’est pour cela que nos frères et soeurs, sont toujours des figures de référence indispensables.

Pourtant le passage de frère à oncle et de sœur à tante n’est pas automatique à la naissance d’un enfant. En effet, les oncles et tantes « par alliance » se trouvent alors, sur le même plan, avec la même appellation que les frères et sœur du parent concerné. Alors, certaines rivalités peuvent apparaître. Elles peuvent exister, sans poser de problème si elles sont parlées au sein de la famille.

Visualiser sur un psychosociogénogramme, c’est à dire une représentation graphique de la famille du nouveau-né permet dans le cabinet de consultations, de s’interroger sur les interactions et les ressources pour l’enfant et ses parents. En effet, la complexité des vécus de chacun fait souvent écran. c’est pourquoi chaque naissance est l’occasion de prendre un temps de réflexion qui permet d’apaiser les relations existantes ou de renouer avec d’autres.

 

 


Catherine Claire Greiner