Les ainé(e)s et le nouveau-né

 

Du coté des parents :

Quand un nouvel enfant s’annonce dans la famille, les parents se posent de nouvelles questions :

Comment l’ainé(e) va-il réagir ?

Vais-je aimer ce bébé autant que le précédent ?

Ma relation conjugale va-t-elle changer ?

Comment m’organiser avec mon travail ?

Aurons-nous assez de place dans la maison ?

Bien souvent, sa propre place dans la fratrie est déterminante. On ne devient pas le même parent quand on a été enfant unique, l’ainé ou la petite dernière. C’est l’occasion d’en parler avec des professionnels.

Dès la grossesse, l’ainé(e), quelque soit son âge, comprend qu’il se passe quelque chose d’important. Le mieux est donc d’en parler, mais pas trop tôt. Quand la mère commence à sentir les mouvements du fœtus, il est temps d’expliquer à l’enfant ce qui va se modifier dans la famille et pour sa vie à lui.

 

Du côté de l’enfant :

Pas facile d’être l’aîné ! Devenir grand frère ou grande soeur est un apprentissage.

Aux yeux du premier-né, le deuxième enfant est avant tout un intrus qui accapare les bras de maman à longueur de journée et lui vole la vedette mais surtout des inquiétudes surgissent :

« Je ne suis pas assez satisfaisant, les parents doivent en faire un autre »

« Ils vont aimer l’autre et moi, on ne m’aimera plus »

« Je ne vais plus avoir ma place »

« Quand Maman va partir à la maternité chercher le bébé, va-t-elle revenir ? »

Même si ces questions ne sont pas formulées, il convient d’y répondre et de rassurer son enfant. Il est important que votre premier-né ait un contact avec le nouveau-né le plus rapidement possible pour ne pas se sentir exclu de l’évènement, mais sans perturber sa propre routine de vie. Une difficile quadrature du cercle !

Etre l’aîné, une sacrée responsabilité ! Dès la grossesse, l’enfant comprend qu’on attend de lui quelque chose de nouveau. Mais quoi ?

Très vite, il va réaliser que tout le monde attend de lui qu’il soit « content ». En fait, il est plutôt en colère mais l’enjeu est bien trop important pour qu’il ose manifester son inquiétude. Le plus souvent, il donne le change et fait ce qu’on lui demande. Il participe donc au contentement général, ce qui ne l’empêchera pas de donner un coup de pied dans le berceau quand on ne le regarde pas. C’est pourquoi il est essentiel de lui tendre des perches pour lui permettre d’exprimer ce qu’il ressent.
Oui, il a le droit de ne pas être ravi à l’idée de devoir partager sa chambre, ses parents, sa vie avec cet inconnu que tout le monde attend, sauf lui.

L’enfant découvrira progressivement que le petit nouveau ne lui apporte pas que des ennuis, mais lui permet de prendre une place de choix : celle de l’aîné de la famille !

Inutile de lui répéter à longueur de journée qu’il est désormais le plus grand : votre tout-petit l’a très bien compris et c’est justement cela qui lui pose problème ! En effet, Bébé a certainement peur que ce nouveau statut soit plus difficile que le précédent.

S’il régresse… de la souplesse !

Pour lui, la tentation est grande de  » redevenir tout petit « . Aussi paradoxal que cela puisse paraître, régresser peut parfois aider Bébé à grandir.

Avoir un petit frère ou une petite soeur, ça peut aussi donner envie à l’aîné de jouer le bébé… On parle de régression. Redevenir un bébé…
Vous aurez beau énumérer les multiples avantages de la position d’aîné, votre enfant se rend bien compte que ce bébé qui ne sait même pas marcher totalement dépendant de vous et est l’objet de l’attention de tout le monde.

Manger salement, bouder le pot ou sucer son pouce alors qu’il avait arrêté deviennent alors un moyen d’attirer votre attention : cela fonctionne pour le nouveau, alors pourquoi pas pour son aîné ? Un enfant qui régresse est souvent un enfant qui grandit : en quelques sortes, il prend son élan pour mieux sauter… dans le monde des grands frères ou des grandes soeurs !

La régression constitue donc une étape normale entre deux statuts bien différents : celui d’enfant unique et celui d’aîné. Il suffit de lui montrer que vous avez reçu le message : maman est Ma Maman à moi (aussi) !

 

Garder du temps pour le(s) plus grand(s) en tête à tête

Votre nouveau-né accapare sa mère à temps plein. Les premiers temps, tout tourne autour de lui et le grand peut se sentir exclu de votre intimité. Le père a alors un grand rôle à jouer.

Dans le cas où vous êtes seule, au moment où vous allaitez, proposez à votre aîné de se serrer contre vous lui aussi, racontez-lui que tous deux avez vécu des moments similaires. Il sera rassuré de savoir qu’il a connu ces moments d’intimité avec vous, qu’il a été petit lui aussi et a reçu les mêmes soins et la même attention.

 

Regardez ensemble les photos et les vidéos de votre aîné lorsqu’il était tout petit. Souvent il n’arrive même pas à s’imaginer qu’il a été bébé et c’est une révélation pour lui !

Il est donc essentiel de continuer à passer suffisamment de temps avec le premier-né, notamment à travers le fameux rituel du coucher, si important à ses yeux.

En présence de l’aîné, il vaut mieux éviter les conversations qui tournent exclusivement autour du nouveau-né et bannir les comparaisons incessantes entre les deux enfants.

 

Du côté du nouveau-né :

Pas d’inquiétude, le nouveau venu saura se faire sa place et séduire ses frères et sœurs, comme il séduit ses parents.

Ce qu’il faut toujours avoir en tête, c’est qu’on n’élève jamais un enfant de la même manière qu’un autre. Et cette différence n’a rien à voir avec un quelconque système de valeurs. Chaque enfant étant unique et différent, les relations qu’il entretient avec ses parents ne seront jamais exactement les même que celle des autres membres de la famille.

Catherine Claire Greiner