PERE/FILS

Mon enfant est né !

Quelque soient les relations de Monsieur avec son père, le devenir-père empreinte un autre mécanisme que pour Madame. Cette dernière a traversé l’accouchement après une grossesse perçue comme plus ou moins longue.

Monsieur, même s’il était présent à toutes les échographies, aux consultations de suivi de grossesse et au moment de la naissance, autant d’étapes dans la construction de son identité paternelle, rien n’est inscrit dans son corps.

Certains pères en devenir, font une « couvade ». Il s’agit d’une manifestation corporelle du devenir père. Prise de poids, bobos en tous genres, parfois intervention chirurgicale plus ou moins bénigne pendant la grossesse de sa compagne.

A chaque fois qu’un homme devient père, le processus est différent et toujours d’ordre symbolique.  Ainsi, il est bien dommage que par souci d’efficacité, les officiers d’état civil se déplacent dans les grandes maternités, rendant inutile l’obligation d’aller à la Mairie pour la déclaration et la reconnaissance administrative du nouveau-né par son père.

 

Une perception de sa paternité par les 5 sens :

Pendant la grossesse, voir les échographies, entendre les bruits du cœur du fœtus sont des moments forts en émotions qui donnent une certaine réalité à ce bébé annoncé.

Pourtant, rien à voir avec le premier cri de la naissance ou le poids du bébé dans les bras de son père. Si ce dernier touche son enfant nouveau-né, lui met ses premiers vêtements, il va avancer sur ce chemin de la paternité. Comme un tableau impressionniste, petites touches ajoutées les unes aux autre, cette paternité va se construire avec ses sens, la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat.

Quant au dernier des 5 sens, je conseille aux nouveaux pères de gouter le lait. Une expérience qui a un sens !

 

Une paternité matérielle :

Une fois que le nid est construit et que l’œuf déposé a éclos, il faut des aller-retour incessants pour nourrir les jeunes.

Donc, Monsieur s’agite pour chasser le Mamouth et gagner de l’argent. Il est parfois très occupé par sa vie professionnelle pendant la grossesse, parfois « trop » aux yeux de Madame. C’est pourtant une manière d’accéder à cette paternité. Cette agitation, parfois frénétique des premières semaines après la naissance est souvent liée à une distance corporelle avec son bébé tout neuf. Il faut du temps, beaucoup plus que pour une femme, pour qu’un homme puisse approcher et toucher naturellement son nouveau-né. C’est la phase d’adaptation pendant laquelle « l’animal «devenant-père » apprivoise son enfant. Cette période est plus ou moins longue mais essentielle. Pendant cette observation de la fusion mère-bébé, il se pose en protecteur du duo. Il est bien plus que spectateur, il favorise, valorise, protège la relation mère-bébé, avant d’y prendre sa place.

 

Paternité relationnelle :

Le nouveau père va progressivement intégrer les émotions et les affects de cette première rencontre avec son enfant. Ce dernier est encore très fusionnel avec le corps de sa mère, et Monsieur a parfois du mal à s’introduire dans cette diade. Son « devenir père » ne pourra s’inscrire profondément que dans les moments de tête à tête avec bébé, hors du regard maternel ou familial.

Ce temps « à deux » est fondamental et d’autant plus complexe que les relations autonomes entre les hommes et les nouveau-nés sont récentes dans l’Histoire de l’Humanité.

 

« Paternage » et Maternage :

Le mot « paternage » n’existe pas encore. C’est dire si le e rôle et la fonction est difficile à tenir ! Pourtant le concept est nouveau une vingtaine d’années) et est fondamental.

En effet, une femme qui s’occupe de son nouveau-né le materne. Elle va tenter la perfection et lui prodiguer les meilleurs soins. Ce qui présuppose chez elle, que quiconque s’occupe de cet enfant, le fera moins bien qu’elle… Il s’agit bien sûr d’un mécanisme inconscient. Voilà comment les hommes se sont trouvés écartés du paternage, c’est-à-dire l’ensemble des soins donnés à un nouveau-né par un homme.  Le portage, le holding, le toucher, tout est différent.

A cette réalité culturelle, vient s’ajouter pour Monsieur l’absence de références. Peu d’hommes de la génération des « nouveaux père » ont été paternés par leur propre père. Une évolution s’amorce en occident mais est encore loin d’être généralisée.

Voilà pourquoi cet apprentissage, socio-culturel doit parfois être accompagné par des professionnels.

 

Informations

 

 

 

 

Catherine Claire Greiner