Familles « recomposées »

Cette configuration familiale va devenir la plus courante pour les générations à venir.

1,5 million d’enfants de moins de 18 ans vivent dans 720.000 familles recomposées en France métropolitaine (soit un enfant sur dix). Etude de l’INSSE réalisée en 2011.

Le vécu de la famille recomposée est souvent très complexe.

Dans les familles recomposées, on trouve :

  • des belles-mères ou beaux-pères ;
  • des quasi-frères ou quasi-sœurs, enfant qui n’a aucun lien de sang mais avec lequel on grandit.
  • Quant aux « demi-frère » ou  » demie-sœur »», on va refuser de les considérer comme des demies-portions et les appeler, frères et sœurs.

Les familles recomposées ne cessent d’augmenter en raison de la fréquence des divorces.Rappelons qu’un couple sur quatre se sépare dans l’année qui suit la naissance d’un enfant.

En France un enfant sur quatre vit au sein d’une famille recomposée. Il s’agit d’un parent avec son ou ses enfants, en ménage avec une autre personne ayant des enfants ou non.

Selon les circonstances de la séparation des parents, c’est le juge des affaires familiales (JAF) qui va décider de la garde des enfants.

La garde des parents peut être partagée, la garde peut se faire une semaine sur deux, une semaine chez la mère une semaine chez le père ; ou bien la semaine chez la mère le week-end chez le père ; ou encore pendant la période scolaire l’enfant reste chez sa mère et passe ses vacances scolaires chez son père. Toutes les organisations sont possibles, en retenant que l’enfant, quel que soit son âge, doit pouvoir s’y retrouver et se sentir « chez lui » quel quepart.

Quels sont les enjeux de ce nouveau système familial ?

Dans la famille recomposée, il existe une multitude de lignes de force parfois antagonistes qui interfèrent les unes avec les autres.

La famille recomposée existe car un homme et une femme sont, un jour, tombés amoureux l’un de l’autre et ont décidé de former un couple. Le couple est donc le fondement, la cause première, de cette nouvelle configuration.

Or, il se trouve que l’un ou l’autre -ou les deux- ont une vie passée avec un ou plusieurs enfants.

Gérer la complexité d’une famille déjà nombreuse, alors même qu’ils n’ont pas encore eu le temps de véritablement sécuriser les bases de leur propre relation est un exercice difficile.

Le couple doit gérer des problèmes relationnels entre les enfants et le beau parent. Toute leur attention est littéralement happée, au détriment de la construction sereine de leur couple, comme cela est le cas quand un homme rencontre une femme et qu’ils ont le temps de bien se connaître, avant l’arrivée de leur premier enfant. Dans la famille recomposée, cette transition en douceur n’existe pas et cela est un des fondements des difficultés rencontrées.

Quant aux grands-parents, ils peuvent passer de 4 à 6 voire 8 personnes qui interviennent dans le système familial. Ces derniers conservent souvent des relations construites avec le/la ex- conjoint(e). Les grands-parents sont parfois en capacité de désamorcer les conflits.

Un non-choix.

Le beau parent ne choisit pas les enfants de son/sa partenaire. Ils font partie, pour ainsi dire, du « package »: La relation implique d’accueillir des enfants dans sa propre vie, mais cela ne présuppose en rien qu’on va être en mesure de les aimer ou de les éduquer.

La réciproque est vraie pour les enfants. La situation leur est imposée, alors même qu’ils doivent maintenant vivre ensemble et partager de façon intermittente une certaine intimité. On demande aux enfants de s’adapter à une nouvelle situation souvent douloureuse depuis la séparation.

Si le beau parent est la personne la plus délicieuse au monde, son arrivée pose toujours problème.

Comment trouver sa place ?

La famille recomposée jette un trouble sur la place respective de chacun dans cette nouvelle configuration. Le beau parent a des doutes sur sa légitimité au sein de cette famille. Beaucoup de beaux parents décrivent un sentiment d’exclusion plus ou moins marqué de la part des enfants qui n’acceptent pas qu’un étranger s’immisce dans leur vie et qu’il/elle exerce sur eux son autorité d’adulte. Ces difficultés quotidiennes peuvent entrainer un véritable épuisement psychique, un sentiment d’impuissance, de perte de contrôle de son existence ou une grande solitude.
Une consultation parentalité permet souvent de voir plus clair et de se sentir soutenu(e) à la naissance d’un enfant.

Il existe aussi un autre aspect important de la famille recomposée qui ajoute à la difficulté de trouver sa place: le beau parent fait entrer dans sa vie le parent de ses beaux enfants, l’ex de son/sa partenaire. Cette personne a parfois un impact considérable sur le vécu quotidien et l’équilibre de la famille recomposée. Elle aussi revendique une place, même si le nouveau couple est réticent à lui reconnaitre.

Une autorité à acquérir:

Enfin, l’exercice de l’autorité est au coeur des problématiques de la famille recomposée. Les enfants tolèrent rarement les décisions d’un adulte qui, à leurs yeux, n’a pas la légitimité de leur imposer quoi que ce soit. Le préalable à l’exercice de l’autorité consiste à établir, en premier lieu, un rapport de confiance avec l’enfant.

Plus un enfant est jeune, plus il acceptera l’autorité d’un autre adulte que son parent car l’enfant est rassuré par le cadre que lui propose l’adulte. Il en a besoin pour construire son sentiment de sécurité intérieure. Avec les adolescents, les choses se compliquent. L’ado. est, par définition, dans une opposition à l’autorité et dans une remise en question systématique des règles qui lui sont imposées.

Le point essentiel pour le parent biologique est d’accepter que c’est essentiellement par lui (ou par elle) que son compagnon ou sa compagne va devenir légitime aux yeux de ses enfants en matière d’autorité. Le parent doit soutenir son/sa partenaire dans les décisions qu’il/elle prend, même s’il n’est pas à 100% d’accord. Sans ce soutien ferme et constant, la place du beau parent est perdue d’avance et c’est très souvent dans ce contexte que les relations de couple explosent.

Quelques précautions à retenir :

  • Il est nécessaire de se préparer et d’anticiper les difficultés à venir. Il faut comprendre que les problèmes potentiels ne sont pas liés à soi, en tant que personne.
  • En cas de conflit qui semble insoluble, la solution d’urgence consiste à mettre un tiers entre les adultes. Il peut s’agir d’un proche, parrain ou marraine ou d’un professionnel.
  • Il est essentiel de montrer à l’enfant qu’il y a une alliance parentale et de prendre le temps de définir en amont les règles d’éducation.
  • Le plus important semble être de veiller à soigneusement nourrir et préserver la relation de couple et de présenter un front uni non seulement face aux enfants, mais aussi face à la mère ou au père des enfants et au reste de la famille.

 

 

 

RV. Parentalité/Psychogénéalogie: 06 20 48 23 37

Catherine Claire Greiner