Deuil d’enfant

Le deuil périnatal fait partie de la vie des femmes et de leurs conjoints

Qu’il s’agisse des Fausses-Couches Spontanées, des IVG, des Interruptions Médicales de Grossesse, de Mort Fœtale In Utéro, ou de décès du nourrisson, ces évènements sont toujours douloureux et le deuil souvent complexe.

Quand la mort fait irruption dans le domaine du « donner la vie », tout le monde est touché émotionnellement, professionnels compris. Pourtant ces professionnels qui sont confrontés régulièrement à ces situations difficiles et à leurs conséquences sont peu formés à cette spécificité du deuil dans leur exercice professionnel.

Bien souvent, l’accompagnement proposé aux parents va déterminer leur parentalité future et la nature de leur relation particulière au monde.

Le deuil périnatal nécessite d’en connaitre les différentes étapes, d’en respecter le rythme propre à chacun et proposer un espace de parole.

Principaux messages de santé à transmettre à tous les futurs parents concernés par le deuil périnatal, selon un consensus basé sur la recherche scientifique et la pratique professionnelle:

La grande majorité des grossesses se déroule sans problème.

Cependant, au cours des 20 premières semaines de grossesse, le risque de fausse couche est de 15 à 20 %. Quand la grossesse avance, il est très rare qu’un bébé décède (probabilité de 4 pour 1000 pour la mortinaissance et de 3 pour 1000 pour la mortalité néonatale).

Il existe des ressources spécialisées pour aider les parents dont le bébé est décédé en cours de grossesse ou peu après sa naissance :

Associations:
« Aux noms des petits anges »
« Parents Orphelins »

 
Réactions émotionnelles qui caractérisent les phases du deuil:

Les réactions émotionnelles qui caractérisent les phases du deuil

Chaque situation est un cas particulier qui demande une prise en charge adaptée.
Pour s’y retrouver dans les appellations:

 FCS:

Les fausses couches spontanées du premier trimestre surviennent en moyenne sur 15 à 20 % des grossesses.

Souvent banalisée, autant par la société que par le corps médical, une grossesse qui s’interrompt est toujours un évènement difficile, voire douloureux psychologiquement.

Si la fertilité n’est pas mise en cause, la capacité de la femme à devenir mère est à chaque fois interpellée.

Consulter une sage-femme à cette occasion est souvent déterminant pour envisager une grossesse ultérieure.

IVG:

« Aucune femme ne recourt de gaieté de coeur à l’avortement ».
Simone Veil

Le 17 janvier 1975, la loi instaure une dépénalisation de l’avortement en France.

1999 : mise en vente libre de la « pilule du lendemain », le contraceptif d’urgence Norlevo.

2013 : de remboursement à 100% l’IVG par l’assurance-maladie.

Aujourd’hui, environ une Française sur trois a eu recours à un avortement au cours de sa vie, soient 35% des femmes en âge de procréer.
15.000 avortements sont pratiqués tous les ans sur des mineures.
2,7% des femmes de 20 à 24 ans qui a recours chaque année à l’avortement. Soit le taux le plus élevé parmi les différentes tranches d’âges.
27,5 ans, c’est l’âge moyen auquel les femmes avortent.
33% des femmes avortent au moins une fois dans leur vieSources : Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), Inspection générale des Affaires sociales.

220.000 avortements pratiqués chaque année en France.
Ce nombre est quasi-stable depuis 2006.

Cela représente une grossesse sur cinq, selon les statistiques du ministère de la Santé. Un chiffre stable depuis 2006 Cette stabilité s’explique par la meilleure couverture contraceptive des Françaises en Europe, même s’il faut souligner la persistance d’inégalités sociales et régionales à l’accès aux soins et donc à la contraception.
Source Ined

L’IVG médicamenteuse, est la méthode utilisée dans plus de la moitié des avortements, et donc avant 7SA. Depuis juin 2016, les sages-femmes peuvent prescrire et prendre en charge ces demandes.

MFIU:

Selon l’OMS, la mort foetale in utero se définit par un décès entre 22SA et le début du travail d’accouchement.
Si l’âge gestationnel est inconnu, la mort in utero se définit par un décès quand le poids du foetus est supérieur à 500g.

La fréquence est variable : 0,6 – 1% des grossesses.
30% causes indéterminées

Il s’agit toujours d’un évènement traumatisant qui nécessite une prise en charge psychologique et médicale des parents:

La perte d’un foetus, souvent vécue aussi difficilement que la perte d’un enfant, entraîne de vives émotions chez les parents et  chez les membres de l’équipe médicale. Cette perte provoque un choc d’autant plus fort que l’évolution de la grossesse était normale.

Le soutien psychologique proposé aux parents s’effectue en plusieurs temps. L’accompagnement est pluridisciplinaire, partagé entre l’obstétricien, le foetopathologiste, la sage-femme, le psychiatre ou le psychologue.

Pour beaucoup de couples il est important d’organiser un rituel d’adieu. C’est pour cela qu’on leur donne la possibilité (sans pour autant imposer) de voir l’enfant décédé, de lui donner un prénom, de le déclarer à l’état civil et lui organiser des obsèques.

Il est important de savoir que les parents sont libres d’exprimer leurs souhaits concernant ces décisions, qui seront respectées sans être jugées, même s’ils choisissent de ne rien faire.

Enfin, les frères et soeurs peuvent également être affectés. Ils auront aussi besoin d’être écoutés, y compris en consultation si besoin, en prévention d’un retentissement négatif ultérieur.

En aidant le couple et son entourage à émerger de cette période sombre, la prise en charge psychologique est donc utile à la fois pour le présent et pour l’avenir.

IMG:

Il s’agit toujours d’un évènement traumatisant qui nécessite une prise en charge psychologique et médicale.

L’Interruption Médicalisée de Grossesse  peut être réalisée uniquement lorsque la santé de la femme enceinte ou de son enfant sont en cause et quelque soit le terme de la grossesse.
Elle doit respecter une procédure particulière.

La décision appartient à une équipe pluridisciplinaire. Au terme de leur concertation, s’il apparaît aux 2 médecins que le risque est fondé, ils établissent les attestations permettant de pratiquer l’IMG.

Dans tous les cas, la femme enceinte concernée doit bénéficier d’une information complète et donner son accord.

La procédure de décision d’IMG dépend du motif ;
santé de la mère ou de l’enfant.

Santé de la femme :
Lorsque l’IMG est demandée pour la sécurité de la femme, elle doit s’adresser à un médecin spécialiste qualifié en gynécologie obstétrique. Ce médecin doit exercer en établissement public de santé ou dans un établissement privé autorisé à recevoir les femmes enceintes.

Ce médecin réunit alors une équipe pluridisciplinaire, pour avis consultatif. Cette équipe comprend au minimum 4 personnes :

  • un médecin spécialiste qualifié en gynécologie obstétrique, membre d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal,
  • un médecin choisi par la femme enceinte,
  • un assistant social ou un psychologue,
  • un ou des praticiens spécialistes de l’affection dont la femme est atteinte.

Santé de l’enfant :
Si l’enfant est atteint d’une affection grave, l’équipe médicale est celle d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal.
La femme enceinte peut demander à un médecin de son choix d’y être associée.

Entre 2011-2013, la prévalence totale de nouveau-nés (y compris les IMG et les mort-nés porteurs d’anomalie(s) congénitale(s) en France est estimée à 3,4 cas pour 100 naissances, soit un peu plus de 28 000 cas par an dont environ  20 800 nouveau-nés vivants, 440 mort-nés et 6 600  IMG.

 Les estimations ont été calculées sur le nombre total de naissances (vivantes + mort-nés) en France publié par l’Insee pour 2011-2013, soit 2 486 000 naissances.

 

MSN:

Il s’agit toujours d’un évènement traumatisant qui nécessite une prise en charge psychologique et médicale des parents.

En France, les dernières statistiques de l’Institut de Veille Sanitaire font état de 247 Morts Subites du Nourrisson en 2005.

Heureusement, grâce à la grande campagne de prévention préconisant, entre autres, le couchage sur le dos, le nombre de décès a chuté de 75 % depuis 1992. La mort subite du nourrisson demeure toutefois la principale cause de décès chez les bébés de moins d’un mois.

La mort subite du nourrisson est rare chez les bébés de moins d’un mois. Elle survient le plus souvent au cours du second mois et presque 90 % des cas concernent des bébés de moins de 6 mois. Le risque diminue avec l’âge du bébé. Très peu de MSN sont observées après l’âge d’un an.

Toutes les familles sont égales devant le risque de MSN, cependant il est très rare qu’elle survienne deux fois dans la même famille.

Catherine Claire Greiner