sage-femme, une profession à inscrire au patrimoine de l’humanité ?

La profession de sage-femme en France se modifie; suivi gynécologique de prévention, frottis cervical de dépistage du cancer, pose des Dispositifs Intra Utérins, d’implans contraceptifs, prescription des oestro-progestatifs, IVG médicamentauses, l’exercice des sages-femmes concerne la santé des femmes au sens large.
Le coeur de métier reste l’art de la naissance physiologique avec les consultations médicales du suivi de la grossesse, depuis la déclaration de grossesse jusqu’à la rééducation post-natale en passant par le suivi médical des nouveaux-nés et les vaccinations.

Selon le code de la santé, cette profession  en France appartient au corps médical, comme celle des dentistes et des médecins.

L’exercice des sages-femmes en France, que ce soit dans les maternités, dans les centres de santé, en PMI° ou en libéral est sous très haute surveillance. Malheur à celles qui osent l’exercer dans la totalité de leurs compétences après 5 années d’études universitaires!
Malheur à celles qui osent accompagner les femmes qui choisissent d’accoucher à domicile!(http://copeauxcabana.over-blog.com/2016/09/tabouret-d-accouchement.html)
L’Ordre° veille!
La Sécurité Sociale dessine un cadre toujours plus étroit qui restreint leur liberté d’exercice et ne leurs permet pas de vivre dignement de leur travail.

La situation serait bien différente si ce métier au coeur de la santé des femmes et des bébés, de toutes les femmes et de tous les bébés était défendu et contrôlé par les premiers concernés,
les femmes et les couples de parents.

Il est grand temps que les usagers, les assurés sociaux reprennent la main sur un service indispensable; le travail de fourmis des sages-femmes.

Tant que nous continuerons à pédaler seul(e)s dans le petit bassin dans lequel nous sommes cantonnées, nous, sages-femmes risquons de devenir une espèce en voie de disparition. Si nous n’y prenons pas garde, ce sera bientôt la pataugeoire…
Nous, les sages-femmes, c’est le grand bassin, ou bien un lac de montagne, ou l’océan le pacifique de préférence. Nous, c’est le sacré du sacrum, le vertige de la crête iliaque, le piquant des épines sciatiques, le repère de la symphyse. Nous, les Sages-Femmes, c’est la promesse des fontanelles, le modelage du dernier recours, la rotation enivrante, l’engagement…

Je m’explique. Si les SF qui exercent en France continuent à aller faire leurs études en Belgique ou en Suisse, si les départs en retraite dans les hôpitaux ne sont plus remplacés, si les SF de PMI perdent toute autonomie de décision, si les SF libérales meurent de faim et se reconvertissent, si le savoir des anciennes est évacué par l’électronique, si les Doulas° occupent le terrain abandonné par les Sages-Femmes techniciennes, si nous ne prenons plus en charge le suivi des nouveaux-nés en libéral, si nous ne pouvons pas être normalement assurées en France pour l’ensemble des actes, si ça va si mal pour la physiologie et donc pour les femmes et les bébés, c’est de notre responsabilité.

En effet, c’est toujours en réaction aux dictats de la CPAM° ou de l’ARS° que les Sages-Femmes se positionnent. Ce n’est plus au nom des compétences, de la sécurité, du bien public et de la raison mais au nom de la rentabilité que professionnels et usagés sont contrains.

Le cadre est toujours et encore posé pour nous, par d’autres:
Cette immaturité professionnelle nous poursuit depuis le formatage des écoles puis par le fonctionnement hospitalier. Ce dernier ne s’organise  plus dans une hiérarchie de compétences mais pour une rentabilité que plus personne ne conteste.
Pourtant, la santé et l’obstétrique n’ont jamais été « rentables », sauf en terme global d’économie d’échelle (du point de vue strictement financier pour la société civile, il mieux vaut un arrêt de travail qu’un accouchement prématuré, une seule carte de groupe et pas 5 par patiente et une possibilité de lieux adaptés à l’accouchement physiologique, etc…)
Quant à l’Ordre des sages-femmes°, il n’a jamais été, et ne sera rien d’autre que la courroie de transmission entre les décisions des Ministères et le terrain.

Je ne vais pas parler de « désobéissance civique », mais de nos patientes. Concernant les cotations par exemple, la CCAM° ou la télétransmission, autant de situations qui augmentent les frais mais pas les revenus des professionnelles. Une complexité dans lasquelle nous barbotons allègrement, sans impliquer nos patientes. C’est à elles de faire valoir leurs droits auprès de la sécurité sociale. C’est avec elles et avec leur soutien actif que nous pourrons faire avancer la situation.

 

Mini-lexique:

° PMI: centres de Protection Maternelle et Infantile
° Doulas: accompagnantes de la maternité sans diplôme reconnu
° CPAM: caisse primaire d’assurance maladie
° ARS: agence régionale de santé
° CCAM: codification commune des actes médicaux
° Ordre des sages-femmes: Les conseils départementaux se permettent trop souvent des interdictions qui ne sont pas entérinées par le conseil national. Il s’agit d’un abus de pouvoir.

22 000 sages-femmes et 811 510 accouchements par an en France.
° CQFD: ce qu’il fallait démontrer, à savoir que 900 000 personnes sans compter les conjoints et les bébés, ça fait plus de poids que
22 000 praticiennes.

A vous de jouer:

AAD:
https://www.change.org/p/d%C3%A9fendons-notre-droit-%C3%A0-accoucher-%C3%A0-domicile-avec-une-sage-femme

Défense de la profession:
https://www.change.org/p/reconnaissance-professionnelle-pour-les-sages-femmes

http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2012N21196

Violence faite aux femmes:
http://www.femmes-solidaires.org/?Femmes-Solidaires-relaie-la

Association d’usagers:
https://ciane.net/ciane/ciane/