« Je ne veux pas d’enfant »

Un sujet tabou mais un droit à respecter

Selon une note de l’Institut national des études démographique (Ined) intitulée « Rester sans enfant: un choix de vie à contre-courant », 6,3% des hommes et 4,3% des femmes déclarent ne pas avoir d’enfant et ne pas en vouloir.

Nombreux… ou plutôt nombreuses. Les hommes s’expriment moins sur le sujet. Ils sont pourtant de plus en plus nombreux. Une certaine idée de la femme perdure, celle qui prétend qu’une « vraie femme » ne peut rester sans enfant.

Etre femme sans être mère, un vrai combat d’aujourd’hui.

« Je n’ai jamais voulu d’enfant car je n’ai pas ce qu’on appelle l’instinct maternel, je sais que ça choque, mais je ne m’extasie pas devant un enfant ».

« Je n’ai pas du tout l’instinct paternel, et je n’ai déjà pas assez de temps pour faire tout ce dont j’ai envie, alors si en plus faut s’occuper d’un enfant, non merci ».

Avoir un enfant ne devrait pas être une obligation, ni le résultat d’un conditionnement. C’est un choix. C’est un choix de vie, pour soi, pour son/sa conjoint(e). Derrière ce choix se pose la question de la liberté.

Quelles sont les motivations de ce choix ?

Première raison invoquée, la liberté, mise en avant dans 80% des cas. Souci de profiter de la vie, de se conserver un espace, les personnes volontairement sans enfant mettent en évidence la contradiction entre deux valeurs de la société contemporaine : la liberté individuelle et la famille.

Opter pour sa vie plutôt que de donner la vie:

« J’aime ma vie, je mange quand je veux, ce que je veux, je sors sans avoir à m’inquiéter des horaires, je pars en vacances hors période de vacances scolaires. »

Vie de famille ou vie à soi, les désirs varient avec l’âge. Comme le relèvent les chercheurs, les plus jeunes mettant souvent en avant le fait d’avoir d’autres priorités.

 » Je n’ai pas d’enfant et je n’en veux absolument pas . »

Certains disent : « Tu es jeune et tu vas changer d’avis avec le temps. » Cette éternelle réponse est devenue insupportable. Ne pas être attirée par la maternité ne veut pas dire qu’on n’aime pas les enfants, au contraire. Avoir un enfant c’est être obligé d’installer une certaine routine, un certain équilibre pour l’enfant. Cela implique un grand nombre de sacrifices que certains refusent. Et c’est le droit, et c’est un choix responsable qu’il faudrait saluer, plutôt que stigmatiser les personnes sans enfant.

Cette tension entre liberté individuelle et vie de famille s’exprime différemment en fonction du sexe.

Pour les hommes, « la stabilité professionnelle prend toujours une place importante avant d’avoir des enfants », remarquent les chercheurs, et peu importe le niveau d’étude, tandis que pour les femmes, c’est différent.

Cumuler vie personnelle et vie professionnelle, au risque de jongler dangereusement pendant plusieurs années semble être pour les femmes une obligation intégrée comme « normale ».

Ha bon ?

 

Maternité : l’âge limite pour avoir un enfant pourrait être atteint plus tôt qu’on ne le pense…

L’année des 35 ans est souvent désignée comme étant la date limite pour avoir un enfant sans risque. Une date parfaite pour les femmes qui préfèrent généralement avoir une situation stable avant de fonder une famille.

L’âge du premier enfant en France tourne aujourd’hui autour de 28 ans, soit quatre années de plus qu’en 1967 où la moyenne était de 24,2 ans.

Beaucoup de femmes se basent sur cette limite des 35 ans pour planifier le moment de fonder une famille. Or une étude du Karolinska Institute de Stockholm et de l’université de Bergen, montre que le début de la zone à risque se situerait, non plus au-delà de 35 ans, mais entre 30 et 34 ans. Menée sur un million de femmes en Norvège et en Suède, cette étude compare les premières grossesses d’un groupe de femmes âgées entre 25 et 29 ans à celles d’un autre groupe dont l’âge se situe en 30 et 34 ans.

« À notre grande surprise, a déclaré au Daily Mail le professeur Ulla Waldenström qui dirigeait l’étude, nous avons trouvé une augmentation absolue du risque d’effets négatifs sur les grossesses qui surviennent dans le groupe âgé de 30 à 34 ans. Ces résultats sont indépendants des effets de la cigarette et du surpoids. »

« Biologiquement, le meilleur moment est probablement entre 20 et 30 ans. Pour les femmes individuellement, le risque est petit, mais pour la société ce sera un nombre signifiant de complications pour beaucoup de femmes ayant des enfants juste après 30 ans. »

D’après l’étude en question, une femme accouchant au début de la trentaine aurait plus de chances d’accoucher prématurément ou d’avoir un enfant mort-né.

Ulla Waldenström estime par ailleurs qu’il serait préférable de bien informer hommes et femmes de l’importance de l’âge dans une grossesse. Une éducation qui devrait même si possible commencer sur les bancs de l’école.

A bon entendeur, Salut !